mercredi 3 janvier 2018

Dans des draps russes


Tel est le titre d'un nouveau recueil de poèmes préparé par notre collaborateur Marc Tiefenthal. Les Russes sont nombreux à visiter le présent blog, bien qu'ils se manifestent moins ces derniers temps, trop occupés à harceler les ordinateurs ailleurs.

Amen, soit.
Enfin, ce recueil est comme pratiquement toute l'oeuvre dudit poète bilingue Néerlandais - Français. Mais avec l'aide d'un ami directeur artistique, il n'est pas exclu que ce coup-ci, le recueil soit également publié en Français. Vous trouverez en temps opportun des nouvelles au site web concerné. Allez voir et goûter cette poésie.



Et pour les Russes la même chose

En avant-première et à titre d'avant-goût:

Parfois plusieurs paroles ne suffissent pas

« Elle s’est engouffrée à l’intérieur de la voiture sans prendre le temps de me serrer la main »
(Henning Mankell, les bottes suédoises)


Je ne suis pas resté
bouche bée
devant ce gouffre.

Ayant gardé la main
dans ce haut jeu festin,
je réfléchissais à l’offre.

Peu après, j’ai répéré la voiture,
il me restait un quart d’heure
pour me glisser dans le coffre.

Mon téléphone a sonné.
Je me suis réveillé.

mardi 19 septembre 2017

Baai, baai, Stanislas

Connaissez-vous cette expression : on l’aura su ? Eh bien, il y a des choses que nous savons à peine.
Stanislas Petrov est mort. Cela ne vous dit rien.

La guerre froide entre le communisme et l’occident fut considérée par les maîtres de la guerre comme la troisième guerre mondiale. Si au fond et finalement elle n’a pas éclaté, c’est grâce à Stanislas Petrov. On l’a su, oui, très tard. Après la chute du communisme.

Il est mort au mois de mai 2017 et on ne nous a pas dit. Comment nous le savons à présent ? Mystère, sans doute.

Et puis, il y a ces politichiens qui vous disent que c’est eux qui ceci et cela et finalement il faut que quelqu'un le fasse, car eux ne font rien. Bla, bla, bla, c’est tout. Stanislas était de ceux qui devaient faire ce que ces politichiens disaient. Mais il a hésité et n’a rien fait, pour finir. Ainsi, il aura sauvé le monde. Et ces politichiens détestent ces gens et ils le fourrent dans un coin, dans le silence.

Il est mort, un héros de nos temps. En ne rien faisant. Et comme je suis fasciné par le rien et par rien...



Baai baai Laurette

Je tiens à écrire cet article en Français. Vous allez voir pourquoi. Dans son style pompeux et si peu propre à ses origines ouvrières, Laurette Onkelynx a annoncé son départ. Elle quitte la politique. Sa propre fille serait impliquée dans les scandales qui ruinent en ce moment son parti. Trop, c’est trop. Une conférence de presse pour l’annoncer.

D’accord, on comprend. Et du coup, à gauche et à droite, on commence à écrire n’importe quoi sur cette femme. Entre autres, qu’elle déteste le mot Flamand. Dans son cas, cela revient à la trahison de ses origines flamandes en question. Pauvre Gaston. Double trahison, tant qu’on y est.

D’accord, je pourrai comprendre mais quand même. Je déteste le mot F, moi aussi, mais cela ne revient pas à une trahison. Mon père étant originaire des Pays-Bas, ma mère à moitié Française, je ne suis pas flamand, comme Laurette.

Ceci dit, elle est partie. Elle se retire, prend sa retraite. En ses propres mots, elle commence une troisième carrière. En fait, c’est fini avec sa carrière. Je ne la regrette pas. Je ne l’ai jamais bien appréciée, tout comme l’ancienne présidente du CDH, j’oublie son nom. (Joëlle Milquet, tiens) Les femmes en politique, il en faut. Même des traîtres comme Onkelynx. Mais on peut garder ses distances. Et en faire une opinion. Baai, baai, Laurette.

lundi 8 mai 2017

Lettre ouverte à M. Macron, président fraîchement élu de la République française

Monsieur le Président,

Je vous écris une lettre, que vous lirez peut-être, si vous avez le temps. Sinon, vous le faites lire par une autre personne qui vous en fera le résumé. Nous le savons tous, le Royaume Uni, ce pervers Albion, quitte l'Union européenne. Celui que j'appelle notre tiers monde au sein de l'Union, quitte l'Union.

J'en suis ravi. J'ai applaudi. Ces gens n'ont jamais rien compris à nous. Je les ai scandalisés lors d'une visite de travail à Londres en 1999. Ils me demandaient si les Belges mangeaient le poulet lors de la crise des poules. J'ai répondu: oui. La question en effet n'était pas notre santé ni celle des poules mais comment se débarasser du cochon qui était notre premier ministre. Et cela a bien marché.

Ils en étaient bouche bée. Je profitais de ce silence pour y ajouter: "D'ailleurs, comment avez-vous fait pour vous débarasser de M. Tatcher? Exact, les vaches folles." Ils étaient KO.

N'empêche, leur langue, qui n'est autre que le français mal prononcé, a pris place au sein de l'Union européenne comme langue de travail. Alors que pratiquement personne dans cette union n'est anglophone, voire ne comprend cette langue.

Au cours "écrire de façon professionelle" que j'ai suivi en fin de carrière, il nous a été clairement exposé que l'usage de l'anglais est indécent et impoli.

Bref, Monsieur le Président, lors de votre rencontre avec Mme May, vous êtes supposé, voire obligé, de parler le français. Sinon, la prochaine fois, Le Pen gagnera les élections.

Bref, Monsieur le Président, prenant la parole lors d'un conseil européen des chefs d'état, vous êtes supposé, voire obligé, de parler le français. Sinon, la prochaine fois, Le Pen gagnera les élections.

Les interprètes, qui sont grassement payés, auront enfin à nouveau du boulot.

Mais surtout et avant tout, si vous continuez et si vous persistez, le français ne pourra que gagner en prestige.

Bon courage, Monsieur le Président. Mes honneurs à Madame

mardi 15 mars 2016

Dis-moi, poisson, qui est le plus grand con?

Pendant quelques jours, j’étais ce qu’on appelle hors ligne, alors que j’étais en ligne avec les poissons. Entre-temps, j’appris qu’Obama avait donné une interview pour faire connaître ses nouvelles visions mais aussi pour dévoiler un secret d’état, une décision qu’il a prise.

En effet, selon les néo-costauds il aurait dû attaquer Assad en Syrie puisqu’il avait empoisonné ses propres sujets. Parmi ses néo-costauds, le vice-président Bidon et le ministre des Affaires étrangères John Kelly, qui, plus jeune, était contre la guerre au Vietnam. Obama parlait dans l’interview d’un scénario. On fait beaucoup de cinéma aux États-Unis. Et tout seul, pendant vingt quatre heures, il réfléchissait à la facture que le monde devait payer. Et il décida donc de ne pas attaquer. Un homme d’état ne doit pas toujours crier qu’il est costaud et doit même réfléchir à terme.

D’ailleurs, pour Obama, le Moyen-Orient pourrait bien exploser sans lui, étant donné qu’il ne s’entend pas avec les bandits Benjamin N. d’I et la clique de l’Arabie Saoudite. Quoi, cette clique des bandits ? Eh bien, un beau jour, Obama était allé boire un café chez le premier ministre de l’Australie, un continent et vu sa superficie, un grand pays. Et ils causaient un brin sur l’Indonésie. Obama, tout jeune, y avait passé quelques années de sa vie. Le bonheur était alors simple et l’islam pacifique. Eh bien, tout cela est fini, depuis que l’Arabie Saoudite a pris le monopole des imams en Indonésie. Tiens, cela a l’air connu ici aussi.
Non, Osama préfère s’occuper d’autres régions du monde, sauf de l’Europe.

En Belgique, entre-temps, le nouveau Sosman est arrivé et ce pipo, maire d’une grande ville du Nord du pays, ne connait même pas, dans sa propre langue, la différence entre réussir et ne pas rater. Seul la VRT avait le courage de le corriger. Non, en Belgique, un homme d’état a vision n’a rien à perdre, tout à s’agacer.

mardi 29 septembre 2015

Un mariage à la campagne

Cela fait drôle : on se lève tôt, on quitte Temse (Sint-Niklaas) pour se diriger vers la France. A 25 km à peu près de la France, on trouve le petit village où aura lieu le mariage de ma deuxième fille. Et voilà que son futur mari nous accueille en Néerlandais !

Petit à petit il s’avère que ma fille en question se marie avec le cadet des avant-derniers francophones ayant quitté le nord du pays, encore que deux des enfants sont toujours à Antwerpen. La famille a émigré en Wallonie, voire en France, où l’aîné a trouvé havre à la Rochelle.

Bref, ma fille continue une certaine tradition dans ma famille….

jeudi 2 juillet 2015

Mort d'un géant

Nous apprenons la mort, par implosion, du système financier informatique fédéral belge communement dénommé FEDCOM. Ce terme ne veut rien dire et a été choisi son tenir compte de l'existence d'autres FEDCOM. Hilarité. Son démarrage devrait avoir lieu en 2000, et était annoncé dans les deux grands canards économiques du pays, de Tijd et l'Echo. Il a été démarré effectivement en 2007. Il n'y a pas que les chemins de Dieu qui sont bourrés de mystère. Il était le seul grand système informatique fédéral à fonctionner et a coûté un os en heures et en euros. Il était opérationnel depuis 2012.

Il doit son succès au fait que non le Ministère des Finances, réputé être dilettant, mais son administration du Budget avait été mise en charge du projet. Cette administration était devenue un service public autonome et devint ainsi l'objet du désir de certains, surtout des dilettants.
Installé selon les règles de l'art, comprenant de nombreuses réunions impliquant les futurs utilisateurs, ce système attirait en même temps du personnel qualifié que cherchait le SPF Budget à recruter.

Toutefois, au fur et à mesure que le dilettantisme commençait à gagner du terrain, parmi ces collaborateurs qualifiés, un certain nombre quittait le navire.
D'après une source près du dossier, dont l'anonymat doit être assuré, l'esprit du travail en équipe et par projet était étouffé par un cadre ressemblant à une lasagne comprenant de nombreuses couches et devenue indigeste. Ce cadre était justement le fruit du dilettantisme.

La mort du système est parvenue trois mois avant la fin du mandat d'un des suspects habituels. Un agent secret du Mossad, dont les services étaient loués par la Commission européenne, avait observé un nombre croissant de réunions au soir, dans des bistrots ou des tavernes, voire des restaurants, des suspects habituels, dans les semaines précédant au catastrophe.
Il est dès lors exclu que les suspects habituels puissent faire porter le chapeau.

(à suivre; certains détails ne sont pas encore connus ni certains, telle la date et l'heure de l'implosion; ils sont de moindre importance, cela va de soi. Il est probable que les suspects habituels essayeront de faire porter le chapeau par l'auteur du présent texte qui, toutefois, n'est autre que de la science - fiction)

lundi 9 février 2015

Benno Barnard bientôt partira


Vous avez pu lire ici que le belge Benno Barnard, qu'on appelle toujours Nederlander, jamais Nederbelg, a été enfin reconnu belge.
Apparemment cette reconnaissance arrive-t-elle trop tard. Il vient de mettre sa maison à vendre et veut émigrer en Royaume Uni. Pas mal pour un unioniste, d'ailleurs, dont le cœur se trouve depuis des années en Grande Bretagne. L'ami Hendrik C. du coup n'aura bientôt plus de rencontre mensuelle à Bruxelles entre poètes.

Benno Barnard, Le Naufragé, traduit du néerlandais par Marnix Vincent, Bordeaux, Le Castor astral, 2003 (couverture : dessin de Philippe Roux).


De langue néerlandaise, originaire des Pays-Bas mais vivant en Belgique, Benno Barnard a appris l'hébreu avec son père, parle anglais avec son épouse américaine et s’exprime couramment en français. Ce contexte culturel et historique paradoxal confère à son œuvre une tension particulière. Remarquables par leur musicalité et leur impressionnante virtuosité technique, ses poèmes, souvent longs et réunis en cycles, posent essen- tiellement la question de l’identité de l’Européen après la Seconde Guerre mondiale. Écrit à Anvers, « Langue maternelle » est à la fois un hommage à la mère disparue et à la langue maternelle.

LANGUE MATERNELLE
In memoriam Christina Van Malde (1919-1995)


Vous avez le blanc visage du lait
que j’ai bu dans la maison de l’Amstel
où je suis né. (Oui, Paris vous allait encore
au printemps, mais l’été débordait
de votre deux-pièces, et ce fut novembre ;
et la pluie et le crépuscule remplirent
la vitre : un XIXe siècle posa sa pâle
main sur ma vie.) Maman, je sais bien,
j’étais une fleur rebelle au calice rose
et je n’ai pas changé. Je suis quelqu’un, personne,
homme du Bas-Pays.
Grande gueule, toujours et encore je suce
la consonne que je trouvais si délicieuse,
toujours et encore ma plus ancienne voyelle s’émerveille
de ma voracité, de ma satiété.
Toute ma vie j’aurai mangé du lait.

Vous me rappelez des choses que je n’ai jamais sues.
Vous faites des vers, comme jadis, et m’attirez
dans la toile de la chanson.
Aujourd’hui vous étiez à nouveau ma gouvernante
avec son chignon : aujourd’hui nous avons fait
la rationalité, la moralité, le vol des oiseaux et Dieu, un peu.

Je n’ai commencé à vous aimer qu’ici à Anvers
comme une fiancée aux yeux meurtris, bleuis,
et au cœur de lionne. Souvent, au bar,
vous bavardez, mais vos jambes nues sont
entrelacées
afin de protéger le petit fauve… J’avale
vos diphtongues comme des hosties et vous appelle Chérie,
car quelqu’un doit vous appeler ainsi sans ironie ;
je vous emmène
à la maison et dans mon sommeil j’entends
vos talons incertains sur les losanges luisants des pavés.

Katinka, c’est le nom que vous donna mon nouveau père.
Vous êtes ma mère qui ne m’écoutez pas
mais qui parlez à en imprimer mes murs.
Ô mère morte,
demain viendra une autre nuit où je noterai :

je n’appartiens pas qu’à moi.

trad. M. Vincent


lundi 24 novembre 2014

Et surtout d'ailleurs

Nouvelles données sur l'implantation du français dans le monde: Quelques chiffres


• Le français est aujourd’hui la 5e langue la plus parlée au monde avec 274 millions de locuteurs
• Le français est la 2e langue apprise comme langue étrangère après l’anglais
• Le français est la 3e langue des affaires dans le monde
• Le français est la 4e langue d’internet
• Il y a 125 millions d’apprenants du/en français...

mercredi 15 octobre 2014

Le processus d'automatisation

Les métafoires de la roue aux rayons du vélo vont de pair et d'impair. Une hantreprise de taille moyenne active dans la technologie projette son image à force de points, la bouche pleine d'une pomme de terre yperchaude, cela fait très coule.
“Nous avons développé une fonctionnalité zursfunct que nous avons intégrée dans le bar des taules.”

Pierre Paul Punque l'interrompe. “Avant de continuer de parler, mieux vaut bien macher et puis avaler." Zitk tuf tuf sie hesja fcusina? ‘l Ma? (veux-tu que j'aille te chercher quelque chose à la cuisine? De l'eau?)

Bouche bée d'aplomb, bref fort touché, la parole de l'homme s'arrête. Arrête. Je me suis arrêté à temps, suis resté assis tout le temps mais maintenant je me lève et m'en vais. Tout à fait d'elle-même et d'initiative, la porte s'ouvre devant moi et me regarde passer bouche bée. Quand je prends le virage pour tourner dans l'autre couloir, la porte enfin se ferme. Et enfin, je peux me fermer les yeux dans le dos. Suis-je tranquille ou bien reposé?
Je passe à côté d'elle, comme si elle n'existait pas, la distributrice de friandises. Je tourne vers la droite et me voilà arrivé au bureau. Mon bureau.

L'écran est en position veille et a l'air vachement noir. Seulement l'air. Le noir cache le monde entier. Qui se traduit en web web web, se divise proprement en processus, souvent des simulacres de procès.
C'est pourquoi l'automatisation est un processus progressif, qui y va tout doucement. D'un doigt, on feuillette l'internet. Plus besoin de se mouiller le doigt. Les marques-pages sont restés. Ou encore, je veux écrire une lettre et l'envoyer. Je ne dois plus perdre mon temps et mon humeur dans un bureau de poste qui peste, en y prenant un ticket pour attendre mon tour, mon numéro. Alors, monsieur, vous voulez quoi? Un timbre, s'il vous plaît. Un seul? Savez-vous qu'en achetant dix timbres, vous…. Non, je ne veux pas savoir. J'envoie ma lettre par courriel. Le café au bureau est fait en semi-automatique. Mais voilà que tout seul, sans que j'y touche, mon écran s'allume et montre une phrase:

L'âme se trouve-t-elle dans une boîte à chaussure ou quand même dans un cercueil?

J'active le bouton 'entrez', je hameçonne la phrase et la mets au bord de l'internet dans une page du logiciel de traitement de texte. Et je la traite!

La boîte à chaussures s'ouvre, l'âme s'échappe.
Ne regardant pas la chaussure.
Quand l'âme est à bout de souffle, une autre boîte s'ouvre.


Le travail cocoquotidien haha dada dans la tour de Babel, à Liège. Personne n'arrive au toit pour y crier. Toutefois, la foi vit qu'un jour, quelqu'un pourrait y arriver et se jeter dans le vide. Le saut dans le vide n'est pas condamnable, en effet, il pourrait être retenu comme expérimentation dans le vide. Ou comme une tentative de maîtriser la pesanteur.